banniere

Revue de presse sur la Campagne BDS

 

Un article dans CQFD de décembre 2010:

Au rayon antisionisme
Vos oranges, vous les aimez sanguines ?
Sébastien Navarro
12 novembre 2010
CQFD N° 83
http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article2334

Boycott – Désinvestissement – Sanction (BDS), tel est le nom de la campagne internationale visant à frapper Israël au porte-monnaie. En France, la machine judiciaire a ét é réquisitionnée pour réprimer tout appel à la mobilisation des « citoyens-consommateurs » .

LE 15 MAI 2010, trente-cinq militants du « Collectif 66 paix et justice en Palestine » s’invitent au supermarché Carrefour de Perpignan. Le titre des tracts distribués annonce la couleur : « Carrefour complice de la colonisation en Palestine ! Carrefour complice de l’apartheid israélien ! » Au rayon fruits et légumes, Yamina, armée de deux paquets de poivrons bio, donne de la voix : « Mesdames et messieurs, ne soyez pas complice d’un Etat criminel, d’un Etat voleur de terre, d’un État assassin de civils ! N’achetez pas des produits qui sont marqués venant d’Israël alors qu’ils viennent en fait de terres palestiniennes, de terres volées ! »

Dans la ligne de mire des manifestants, le juteux business entre Carrefour et Agrexco [1] , société israélienne d’exportation de produits agricoles. Agrexco est connu pour commercialiser des fruits et légumes issus des colonies dont l’exportation est contraire au droit international. Cerise sur le gâteau, le groupe Carrefour s’enorgueillit d’avoir adopté depuis 2000 une charte d’engagement pour la protection des droits de l’homme. Membre du collectif, Bernard explique :« On voulait montrer à l’encadrement du magasin qu’entre ce qui est écrit dans leur charte et leur pratique, il y a un monde. Sauf que, bien évidemment, aucun cadre du magasin n’avait entendu parler de la fameuse charte. Ce truc est complètement pipeau, c’est de la pure com’. Parmi nous, il y avait un tiers de jeunes d’origine maghrébine et une femme voilée, et là, en face de nous, on a vu les chefs de rayons s’énerver : c’est pas les Arabes qui vont venir faire la loi dans le magasin ! On a filmé notre action, et c’est d’ailleurs le film qui nous a mis dedans. » Durant l’été, trois membres du collectif apprennent qu’ils sont poursuivis pour provocation à la discrimination, haine et violence raciale. Même scénario pour des actions similaires dans d’autres villes comme à Bordeaux, Mulhouse et Pontoise. Peine encourue : 45 000 euros d’amende et trois ans de prison. Alliot-Marie avait pourtant prévenu. Invitée à un dîner du Crif en février 2010, la garde des Sceaux avait menacé : « Je n’accepte pas que des personnes, responsables associatifs, politiques ou simples citoyens, appellent au boycott de produits au motif qu’ils sont kasher ou qu’ils proviennent d’Israël. […] J’ai donc adressé une circulaire aux parquets généraux,leur demandant d’identifier et de signaler tous les actes de provocation à la discrimination. » .

Et, Bernard, lui aussi inculpé, de commenter : « Au fond, cette campagne BDS participe à l’isolement d’Israël, et ça les emmerde. Notre avocat nous expliquait qu’en général les procureurs ne se mouillaient pas trop sur les affaires de discrimination parce que c’est très délicat à prouver mais là, ils sont harcelés jusqu’à ce qu’ils fassent suivre. »

À l’origine de la plainte, un homme bien connu des services de police mais pas pour les raisons habituelles. Lui est un ancien de la maison poulaga. Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme [2] et membre du comité directeur du Crif,traque les antisémites partout, y compris sur Internet. C’est lors d’un de ces preux surfs qu’il est tombé sur la vidéo mettant en scène les militants perpignanais. À lui seul, il est à l’origine de quatre-vingt plaintes du même acabit. C’est sûrement pour ces hauts faits que Hortefeux lui a remis les insignes de chevalier de la Légion d’honneur en juillet dernier. Stéphane Hessel, 93 ans,dernière victime en date de Ghozlan, est bien sûr un antisémite de la pire espèce : ancien résistant déporté à Buchenwald, ancien ambassadeur, notamment en Israël, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. C’est pour avoir vu en la campagne BDS « une stratégie morale qui a démontré son potentiel de réussite » [3] que le vénérable humaniste est à son tour poursuivi en justice. « Le but de Ghozlan, détaille Bernard, est de saper cette campagne. On est dans la logique des faucheurs volontaires avec d’un côté cette criminalisation du mouvement social et de l’autre une volonté de mettre les militants sur la paille. La première instance du procès nous coûte déjà 8 000 euros. Ce qu’on espère, c’est retourner l’affaire et s’en servir pour faire connaître notre action. »

Connaître ? Le 1er novembre, Le Monde publiait un appel justifiant la répression de la campagne de boycott, « arme indigne » selon les pétitionnaires. Bruckner, Finkielkraut et BHL , figuraient, entre autres, parmi les courageux signataires. Si nos plus brillants intellectuels montent au créneau, c’est que la chose doit commencer à agacer sévère.

[1] Voir l’article consacré à cette honorable société dans CQFD n°72 : http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article2133

[2] Le Bnvca s’est rendu célèbre en 2004 pour avoir médiatisé à outrance l’affaire de la fausse agression antisémite du RER D.

[3] www.ldh-toulon.net/spip.php?article3936.

 

Un article dans le Courrier de l'Atlas de novembre  2010:

Le bras de fer juridique

par Abdelkrim Branine
Texte à télécharger en pdf


 Deux articles sur le Boycott Culturel, parus dans un journal suisse, Le Courrier, 29 septembre 2010:

Le boycott d'Israël par les artistes de Montréal fait tache d'huile

par EMMANUEL DROR, Le Courrier de Genève, mercredi 29 septembre 2010
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=446969

International PROCHE-ORIENT - En soutien à la lutte des Palestiniens, de plus en plus de personnalités refusent de se rendre en Israël. Une stratégie similaire à celle utilisée contre l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid.

Les manifestations qui se sont produites en réponse aux violents bombardements sur Gaza, il y a près de deux ans, ont suscité de nouvelles initiatives non violentes visant à soutenir la lutte des Palestiniens. Parmi celles-ci, on peut citer les assignations en justice de présumés criminels de guerre israéliens, les missions civiles en Palestine pour témoigner de la brutalité de l'occupation militaire, les missions humanitaires pour rompre le blocus de Gaza ou la campagne de «boycott, désinvestissement et sanctions» (BDS) contre l'Etat israélien. Cette dernière reprend la stratégie de boycott mise en oeuvre contre l'Afrique du Sud, dans les années 1980, en dénonçant les discriminations subies par les Palestiniens, qualifiées d'apartheid.

Bien que le BDS soit né d'un appel lancé par la société civile palestinienne en 2005, c'est depuis l'attaque meurtrière de l'armée israélienne sur la flottille humanitaire au large de Gaza, fin mai 2010, que la stratégie BDS a le vent en poupe. Elle affirme que chaque citoyen a un rôle à jouer: en tant que consommateur, professeur, artiste, sportif ou autre, chacun est responsable de ses actions et peut refuser celles qui renforcent le pouvoir répressif de l'Etat d'Israël. Le boycott le plus connu est celui des produits israéliens, comme les cosmétiques Ahava, ou d'entreprises européennes participant à la colonisation, comme Connex qui construit un tramway dans la partie de Jérusalem que l'Etat israélien annexe illégalement. Mais cette campagne se décline également sous d'autres formes, universitaires, sportives et culturelles. Enfin, au-delà de cette prise de conscience individuelle, le BDS est une campagne de pression, en particulier médiatique, qui permet de rappeler les violations répétées du droit international et des droits humains à l'encontre des Palestiniens.

L'exemple de Sun City

Sur le plan culturel, les initiatives s'inspirent des musiciens qui, dans les années 1980, revendiquaient qu'ils «n'iraient pas jouer à Sun City», en Afrique du Sud. Ce mouvement prend une ampleur considérable: il n'est pas une semaine sans qu'on apprenne qu'un artiste de premier plan annule un voyage prévu en Israël, profitant parfois de l'occasion pour écrire de véritables pamphlets dénonçant les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens, sous occupation israélienne ou en exil. Rien que cette année, l'actrice Meg Ryan, les écrivains Henning Mankell, Iain Banks et Alice Walker, les musiciens Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron et les groupes The Klaxons, Gorillaz et The Pixies ont renoncé à se rendre en Israël. Pour des raisons similaires, le mois dernier, plus de 150 artistes irlandais se sont engagés par écrit à boycotter Israël, rappelant l'initiative des 500 artistes montréalais, déjà évoquée dans nos pages1. Tout récemment, c'est le groupe anglais Massive Attack qui a rejoint ce mouvement. Son chanteur, Robert Del Naja, déclarait: «Je ne peux pas jouer en Israël alors que les Palestiniens n'ont pas accès aux mêmes droits fondamentaux que les Israéliens.»

Pétition israélienne

Même en Israël, le boycott devient un moyen jugé pertinent de s'opposer à la poursuite de la colonisation par le gouvernement d'extrême droite dirigé par Benyamin Netanyahou. Ce mois-ci, alors que certains en Europe s'opposent en particulier au boycott universitaire et culturel, 150 universitaires, écrivains, artistes et acteurs israéliens ont signé une pétition appelant à refuser de se produire dans les colonies des territoires occupés en 1967. Aux côtés d'intellectuels connus pour leur engagement contre l'occupation, tels Niv Gordon, Gideon Levy ou Shlomo Sand, on trouve des personnalités généralement plus discrètes comme l'historien Zeev Sternhell ou les écrivains renommés David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz. Alors qu'elles étaient sévèrement critiquées par le gouvernement israélien, ces personnalités ont reçu une lettre de soutien de 150 autres artistes, étasuniens et anglais, dont Vanessa Redgrave, Cynthia Nixon ou Tony Kushner.

La limitation du boycott aux seules colonies est défendue par certains groupes de solidarité qui demandent la fin de l'occupation illégale de la Cisjordanie, de Gaza, de Jérusalem-Est et du Golan, le démantèlement du Mur et la levée du blocus de Gaza. Les partisans d'un boycott total rappellent quant à eux que les discriminations touchent également les Palestiniens à l'intérieur des frontières d'Israël. Enfin, la résolution 194 de l'ONU stipule le respect et la mise en oeuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons. Selon la campagne BDS, ces deux points justifient de faire pression sur les institutions israéliennes, y compris à l'intérieur des frontières de 1948: en effet, n'aurait-il pas été absurde, à l'époque de l'apartheid, de ne boycotter que les bantoustans et pas le Cap, Johannesburg ou... Sun City?

La culture est une arme utilisée de part et d'autre. L'Etat d'Israël ne s'y trompe pas, qui non seulement tente de contrer la campagne BDS, mais multiplie également les festivals, expositions et autres manifestations artistiques ou sportives pour tenter de redorer son blason. De son côté, la campagne BDS appelle à ne pas participer à ces évènements, où qu'ils aient lieu: dans les colonies, en Israël ou même en Europe. De fait, ces manifestations culturelles ne sont plus anodines: on y participe ou pas mais, dans les deux cas, la décision revêt un sens politique. Si de plus en plus d'artistes répondent positivement à l'appel au boycott, celui-ci s'adresse désormais également aux simples spectateurs, citoyens responsables...

(1) Le Courrier du 7 avril 2010.

Quelques liens:
Cinq cents artistes montréalais contre l'apartheid israélien: http://www.tadamon.ca/post/5824
Cent cinquante artistes irlandais s'engagent à boycotter Israël: http://www.ipsc.ie/pledge/
Cent cinquante artistes israéliens boycottent les colonies israéliennes: http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149
Cent cinquante artistes américains et anglais soutiennent les 150 artistes israéliens: http://jvp.org/campaigns/making-history-support-israeli-artists-who-say-no-normalizing-settlements-4
Appel de l'Autorité palestinienne à boycotter les produits des colonies: http://bdsmovement.net/?q=node/604
Appel des Palestiniens au boycott universitaire et culturel d'Israël: http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=869
Appel des Palestiniens au BDS contre Israël: http://bdsmovement.net/?q=node/52#French
Relais français de la campagne BDS internationale: http://www.bdsfrance.org/
Relais genevois de la campagne BDS internationale: http://www.urgencepalestine.ch/Activites/boycott.html


"Il faut faire peser ce conflit sur la société israélienne"

Cinéaste israélien originaire de Haïfa, Eyal Sivan est notamment l'auteur de Route 181, fragments d'un voyage en Palestine-Israël (avec Michel Khleifi, en 2004) et Jaffa, la mécanique de l'orange (2009). Il enseigne le cinéma à l'East London University et a cosigné avec Rony Brauman un Eloge de la désobéissance (Ed. Le Pommier/Fayard, 1999). Joint à Paris, il nous livre sa vision du «boycott de l'intérieur», dont il est l'un des ardents avocats.

PROPOS RECUEILLIS PAR RODERIC MOUNIR
Le Courrier de Genève, Mercredi 29 Septembre 2010
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=446969

Les artistes et intellectuels constituent en principe des remparts contre l'ignorance et la haine. Le boycott culturel n'est-il pas une arme à double tranchant?
Eyal Sivan: C'est une zone grise, oui. Mais sur le plan des principes, il n'y a aucune raison de ménager les institutions universitaires et culturelles qui bénéficient, d'une façon ou d'une autre, de l'occupation et discriminent les Arabes. Beaucoup d'artistes et d'aca- démicien sont restés silencieux lors des dernières violations du droit international, au Liban, à Gaza et contre la flottille humanitaire. Pis, ils les ont soutenues. C'est un professeur de phi-losophie à l'université de Tel Aviv, Asa Kasher, qui a rédigé le nouveau code de conduite de l'armée israélienne dans la «lutte antiterroriste» il préconise ni plus ni moins de kärcheriser l'adversaire.

A quoi sert le boycott?
A réveiller la société israélienne, à faire peser sur elle ce conflit qui lui paraît lointain. Aujourd'hui, plus de 85% des jeunes envisagent de rejoindre des unités combattantes, et une majorité ne veut pas d'Arabes dans les institutions. L'impunité criminalise Israël et le met hors la loi. Le boycott n'est pas anti-israélien, il ne vise pas les gens mais les institutions responsables de la situation.

Quelle différence faites-vous entre les boycotts étranger et intérieur?
Aux Européens, principaux acheteurs de marchandises israéliennes, le boycott pose la question suivante: «Qu'est-ce que je peux faire?» Cela dans un contexte de grand décalage entre l'opinion et les décisions politiques. Quant à moi, artiste israélien, je me suis retiré de plusieurs forums et festivals où avaient lieu des rétrospectives en présence de représentants israéliens. Comment des artistes de gauche peuvent-ils serrer la main d'officiels qui se servent d'eux comme alibi démocratique? En revanche, je réprouve le boycott par les artistes et intellectuels israéliens des colonies en territoires occupés. Il s'agit d'une discrimination de ces populations le plus souvent immigrées, que le gouvernement a poussées à s'implanter dans un but politique. Je ne fais pas partie de la gauche qui dénonce les colons comme l'ennemi. C'est hypocrite. Coloniser n'est pas un acte individuel, mais une politique d'Etat.

 

BDS : du boycott aux sanctions
Xavier Renou, La Mèche, mercredi 22 septembre 2010
http://lameche.org/

Avec les Désobéissants, dont il est le porte-parole, Xavier Renou apporte son soutien à une multitude de causes trop souvent négligées par les médias. La Mèche lui ouvre donc ses pages, afin qu'il y raconte les actions menées et, comme c'est le cas ici pour des militants qui soutiennent le peuple palestinien, les difficultés auxquelles les citoyens peuvent se trouver confrontés lorsqu'ils se risquent à désobéir, même pacifiquement.

Ça doit être la saison, les procès pleuvent. Bon, ça ne vous étonnera pas, les gouttes ne tombent pas sur tout le monde quand même. Même lorsque la Justice s’intéresse à eux, Woerth, ou Besson et Hortefeux, s’en tirent généralement sans accros. Mais les militants français de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS), eux, commencent à sentir le vent du boulet. La délicieuse Michèle Alliot-Marie, qui s’est déjà distinguée dans l’affaire des ultra-épiciers de Tarnac, leur a déclaré la guerre. Cette fois, ce n’est pas l’arlésienne du terrorisme qu’elle agite, mais la provocation à la discrimination et à la haine raciale, rien de moins. Le truc n’est plus très neuf, mais il marche encore : accusez, accusez, même de racisme et des militants de la solidarité, il en restera toujours quelque chose.

Faut dire qu’ils font fort, les militants de la Palestine : pour s’opposer à la vente de produits israéliens fabriqués dans les colonies, et inciter les entreprises occidentales à cesser leurs relations avec Israël, ils multiplient les intrusions ludiques et spectaculaires dans les hypermarchés Carrefour, histoire de décourager ceux-ci de vendre les fruits et légumes Jaffa et Carmel-Agrexco, auxquels il est reproché d’être directement produits sur des terres agricoles confisquées aux Palestiniens. Les magasins parfumés au cocktail pétrochimique de la chaîne Sephora ont également croisé le chemin de ces intrépides activistes qui ont convaincu pas mal de clients de se détourner des produits cosmétiques Ahava, dans la mesure où ils viennent du côté palestinien de la Mer Morte. Il arrive même que la question palestinienne s’invite chez le roi du crédit illimité et du lave-vaisselle pour nouveaux mariés, Darty : dans les magasins de cette enseigne sont vendus sous la marque allemande Brita des gazéificateurs d’eau ainsi que des accessoires fabriqués par un fournisseur israélien, Soda-Club, dont le site de production est situé à Mishor Adumin, une colonie de 35 000 habitants implantée en Cisjordanie. La liste ne serait pas complète si l’on n’évoquait pas les sympathiques chahuts organisés chez les encravatés de Dexia, la petite banque nécessiteuse à laquelle Sarkozy avait refilé trois milliards pendant la crise... accusée d’en avoir partagé une partie avec une bonne dizaine de colonies israéliennes.

En tant que telle, la campagne BDS, lancée en 2005 par 170 organisations de la société civile palestinienne, n’est pas bien différente de celle qui contribua jadis à mettre fin à l’apartheid. Aux grandes heures du racisme en short hollandais, alors que tous les gouvernements occidentaux se vautraient dans des formes plus ou moins dissimulées de soutien au régime de Pretoria, l’Europe militante, elle, s’était bougée pour boycotter les oranges Outspan et les échanges culturels et sportifs avec l’Afrique du Sud, et convaincre certaines entreprises occidentales de retirer leurs investissements. Certaines de ces entreprises font aujourd’hui l’objet de poursuites aux États-Unis pour leurs agissements aux côtés de l’apartheid...

Sauf qu’au lieu de voir Carrefour et consorts sanctionnés, ce sont les partisans du boycott qui sont aujourd’hui traînés devant les tribunaux par le gouvernement et diverses coquilles vides spécialisées dans le harcèlement judiciaire des militants de la cause palestinienne. La militante de la Ligue des droits de l’Homme de Bordeaux, Sakina Arnaud, a déjà pris 1 500 Euros d’amende en première instance, et passe en appel le 24 septembre. En octobre, on jugera des militants à Perpignan, d’autres à Paris, et même la sénatrice verte Alima Boumediene-Thiery. Le 29 novembre, c’est à Mulhouse que se poursuivra le combat judiciaire et politique pour la défense du droit à boycotter les produits issus de colonies. Pendant ce temps, la caravane humanitaire et désobéissante de l’ancien député britannique George Gallaway, Viva Palestina, traverse l’Europe en direction de Gaza, et le collectif Les Juifs européens pour une paix juste collectent de l’argent pour affréter un nouveau bateau pour Gaza. Un bateau à bord duquel n’embarqueront que des militants d’origine juive, histoire de tester les nerfs des commandos israéliens, et de donner un peu le mal de mer à une certaine Michèle Alliot-Marie, la ministre qui voit des antisémites partout...

Xavier Renou



Trois articles sur le Boycott Culturel, parus dans un journal suisse, Le Temps, le 10 juin 2010:

Prémices d’un boycott culturel contre Israël
Par Caroline Stevan
Le Temps, jeudi 10 juin 2010
http://letemps.ch/Page/Uuid/936b55d2-7406-11df-b2fc-186928f78f03|0

Plusieurs concerts ont été annulés à Tel-Aviv, un film israélien a été déprogrammé en France… Un nombre croissant d’artistes appelle à un isolement culturel de l’Etat hébreu suite au raid contre la «Flottille de la liberté»

Ils n’iront pas en Israël. Les Pixies, Gorillaz ou encore Santana ont décidé d’annuler des concerts suite au raid de Tsahal sur la flottille de militants pro-palestiniens en route vers Gaza. L’écrivain suédois Henning Mankell, embarqué sur l’un des bateaux et arrêté par l’armée israélienne le 31 mai, songe à ne plus être vendu dans ce pays. «J’apprends que je vais être expulsé. L’homme qui m’annonce cela ajoute qu’il apprécie mes livres. J’envisage de m’arranger pour ne plus jamais être traduit en hébreu. C’est une pensée qui n’a pas encore atteint son fond», raconte-il dans Libération.

Le mouvement existe aussi en sens inverse: en France, le film A cinq heures de Paris, de l’Israélien Léon Prudovsky, a été temporairement déprogrammé des cinémas Utopia. Le petit festival folklorique de Montrejeau, en Haute-Garonne, vient de renoncer à la venue d’une troupe israélienne. Son coordinateur Christophe Douvez – encore étonné par la tournure que prend l’affaire – se borne à évoquer un «principe de précaution pour les artistes et le public».

L’idée d’un «boycott culturel» avait déjà été évoquée après l’offensive «Plomb durci» lancée fin 2008 à Gaza. Le cinéaste suisse Fernand Melgar, par exemple, avait alors décliné une invitation au Festival international du documentaire de Tel-Aviv. L’embargo semble aujourd’hui gagner en ampleur. «Il arrive un moment où l’on ne peut plus se taire, l’indignation doit se manifester, note Patrick Troudet, directeur ducinéma Utopia de Bordeaux. On réagit avec nos moyens. Des dockers sud-africains ont refusé de décharger des cargos israéliens; nous avons décidé de reporter la sortie de ce film à plus tard. La culture est forcément un acte engagé.»

Patrick Troudet refuse de parler censure et boycott: «On ne se voyait tout simplement pas rédiger une notule sur ce gentil petit film israélien avec ce qui venait de se passer. C’est une question de tempo, nous aurions réagi différemment avec un film plus grave ou plus politisé. Nous savions en outre que celui-là était très bien distribué au sein du réseau UGC.» Estimant que la cible n’est pas la bonne, le réalisateur Ludi Boeken décide alors de retirer son propre film - Marga, consacré à une ­famille de justes allemands – du ­réseau Utopia (lire ci-dessous). Après quelques explications entre les parties, les deux œuvres retrouvent une place dans les programmes Utopia.

En Israël, l’indignation est massive. Sur le site du quotidien Haaretz, de nombreux fans disent leur dépit après l’annulation des Pixies. Shuki Weiss, l’organisateur du concert, estime que «le public n’a pas à être puni ou jugé à cause des actes commis par son gouvernement», soulignant au contraire le pouvoir pacificateur de la musique.

Mercredi, la radio publique israélienne accusait le Béjart Ballet d’avoir annulé ses dates à Jérusalem et Cesaria fin juin pour des motifs politiques. «C’est totalement faux, nous avons renoncé pour des raisons techniques. L’un des lieux ne convenait pas; la scène étant notamment trop éloignée des gradins, assure l’administrateur, Dominique Carrupt. On nous a proposé un site de rechange, mais il n’allait pas non plus. Il en va de l’image du Béjart Ballet, qui risquait d’être prétéritée. Nous ne tenons compte du contexte politique que s’il met nos danseurs en danger. Nous sommes une troupe «commerciale», la conscience citoyenne n’est pas le premier argument pour nous.» Parfois, le boycott culturel rejoint la censure économique…
===========================================
«Les artistes ne représentent pas leur pays»
Ludi Boeken, réalisateur franco-néerlandais de «Marga», a étudié en Israël.

«Censurer des films ou des livres israéliens est une grosse erreur car les artistes ne représentent pas leur pays ni leur gouvernement. Au contraire, la plupart des artistes israéliens sont très critiques vis-à-vis de la politique menée par leurs dirigeants.

Ce n’est justement pas à eux qu’il faut s’en prendre si l’on veut toucher Israël. Je peux comprendre l’indignation, mais pas le boycott. Couper la lumière car l’on possède une salle de cinéma est un peu facile. Il y a mille autres manières de montrer sa colère.

On peut manifester ou apporter de l’aide humanitaire aux Palestiniens par exemple. Je me suis engagé contre la guerre du Vietnam en criant «Yankees go home», pas en arrêtant de lire les romans américains. Il faut frapper là où c’est juste.

Je pense la même chose du boycott économique, d’autant qu’il a rarement porté ses fruits. Regardez à Cuba, cela n’a fait que renforcer Fidel Castro.»
==================================
«Le boycott n’est pas injuste»
Eyal Sivan, cinéaste israélien, auteur de «Jaffa, la mécanique de l’orange».

«Enfin, les gens de culture en Europe et ailleurs se sont décidés à passer à l’action pour suppléer à l’inertie de leurs gouvernements. Ils envoient ainsi un signal aux Israéliens: «Vous ne pouvez pas continuer à soutenir les actes criminels de vos dirigeants et bénéficier en même temps d’une vie normale». En ce sens, ces actions ne sont pas seulement pro-palestiniennes mais aussi pro-israéliennes. Le boycott serait injuste? Je ne le crois pas car une majorité écrasante de la population soutient la politique de notre gouvernement. Qui profite des expropriations des Palestiniens? Qui jouit d’un niveau de vie vingt fois plus élevé que celui des habitants de la bande de Gaza? Comment Béjart peut-il danser à Tel-Aviv alors que les gens qui vivent à 25 kilomètres de là ne peuvent même pas assister à ses spectacles? Moi-même, je refuse de participer aux événements soutenus par l’Etat israélien. En tant qu’artiste, j’ai le devoir de faire passer un message.»

"L'arme des pauvres"

le Canard Enchaîné, mercredi 9 juin 2010

Le gouvernement Netanyahou avoue craindre un boycott des produits israéliens à l'exportation, affirme un diplomate français informé par ses collègues en poste à Tel-Aviv. Il est conscient que les réactions internationales ne sont pas un feu de paille comme au temps de la guerre de Gaza.

Chargée d'évaluer ce "danger", l'ambassade d'Israël à Paris avait d'ailleurs pris les devants. Avant même l'assaut lancé contre la flottille humanitaire, ses services s'étaient inquiétés de la parution d'un livre et, enquête à l'appui, de l'accueil favorable qu'il pourrait rencontrer en France et à l'étranger. Dans cet ouvrage intitulé "Boycott, Désinvestissements, Sanctions" (éditions La Fabrique, 14 euros), son auteur, le philosophe et chorégraphe palestinien Omar Barghouti, reproduit les positions de plusieurs organisations qui prônent une action internationale contre la politique israélienne.

Le style est violent, parfois excessif (un député travailliste britannique compare certaines actions des Israéliens à celles des nazis), mais argumenté.

L'auteur revient sur la guerre de Gaza, sur les massacres (témoignages de soldats publiés dans la presse israélienne) et sur le rapport du juge sud africain Goldstone remis à l'ONU.

"Le boycott est l'arme des pauvres écrit Barghouti, c'est une forme de lutte non violente, morale et antiraciste." En clair, un objectif bien plus "dangereux" que l'action d'une brigade de kamikazes.

La scène artistique de Montréal soutient le boycott d'Israël

 

EMMANUEL DROR

Culture PÉTITION - Un demi-millier d'artistes, dont Gilles Vigneault et feu Lhasa, ont signé une pétition et participé à des événements publics.
En octobre 2009, une soixantaine d'artistes européens, principalement des Français mais aussi l'Anglais Gilad Atzmon ou le Suisse Michel Bühler, réclamaient la levée du blocus de Gaza. Fin février 2010, ce sont 500 artistes de la seule ville de Montréal au Québec qui ont signé un appel pour appuyer la «campagne internationale de boycott, désinvestissement et sanctions» menée au Canada par la Coalition contre l'Apartheid israélien (basée à Toronto). Pour mesurer cet élan, nous avons contacté l'un des initiateurs québécois de cet appel, Stefan Christoff, pianiste, photographe et militant associatif à Montréal. Stefan Christoff explique que, dans cette ville, «les communautés artistiques et militantes ont toujours été proches l'une de l'autre. De nombreux artistes sont issus des quartiers pauvres de Montréal, où de jeunes étudiants cohabitent avec les classes défavorisées, ouvrières ou immigrées. Dans ces quartiers, les lieux de rencontre sont des lieux de débats, mais aussi des lieux de création artistique où se tissent des liens qui durent».
Quand les artistes «réussissent», ils conservent une fidélité pour leur quartier d'origine, une solidarité avec leurs anciens voisins et un sens de la justice sociale. «Il n'est donc pas difficile, explique l'artiste militant, d'organiser des concerts de soutien avec d'excellents participants et de nombreux spectateurs».


L'exemple «Sun City»

Ainsi a-t-on pu voir, ces derniers mois à Montréal, des concerts au profit de travailleuses philippines exploitées au Canada, en solidarité avec un sans-papiers algérien du quartier de la Pointe Saint-Charles ou de soutien à la famille d'un jeune abattu par la police dans le quartier de Montréal Nord. Cette solidarité s'étend également aux Haïtiens touchés par le tremblement de terre, ou à toutes les victimes d'injustices, d'Amérique du Sud au Moyen-Orient.
Stefan Christoff cite l'exemple du guitariste Steve Van Zandt – alias Little Steven, membre du E Street Band de Bruce Springsteen et comédien dans la série Les Soprano. En 1985, aux Etats-Unis, Van Zandt crée le groupe Artists United Against Apartheid pour dénoncer la ségrégation en Afrique du Sud. Il a écrit le texte «(I ain't gonna play) Sun City», chanson qui sera interprétée par le gotha de la chanson américaine – Bob Dylan, Miles Davis, Bruce Springsteen, Lou Reed, Peter Gabriel et bien d'autres.
Deux décennies plus tard, l'analogie avec la situation des Palestiniens donne l'idée à Stefan Christoff de monter une série de concerts qu'il intitule Artists Against Apartheid, «contre l'apartheid pratiqué par Israël, la ségrégation, les discriminations et le racisme d'Etat». Comme en Afrique du Sud, il pense que la politique israélienne ne s'infléchira que sous une forte pression internationale, initiée par la société civile.


Lhasa, une dernière fois

Lors du huitième de ces concerts, le 7 juin 2009, la chanteuse Lhasa interprète «A Fish On Land» avec ses amis du groupe Esmerine. Elle ne sait pas que c'est sa dernière apparition publique, avant son tragique décès d'un cancer quelques mois plus tard (le 1er janvier 2010). Elle sait en revanche qu'elle a, pour la première fois, joint sa signature à un appel politique clair.
La douzième édition de Artists Against Apartheid s'est tenu à Montréal le 18 mars dernier, avec notamment à l'affiche la poétesse palestinienne Rafeef Ziadah (soutenue par le Conseil des Arts de l'Ontario) et le collectif d'électro/hip hop/soul engagée LAL.
«L'appel au boycott des 500 artistes montréalais n'est pas une simple pétition, insiste Stefan Christoff. C'est le résultat d'innombrables rencontres, discussions, confrontations et réflexions, lors et autour de ces concerts.» Si les artistes partagent la même émotion devant la tragédie palestinienne, tous ne pensent pas immédiatement que le boycott soit la meilleure stratégie. Ils ne savent pas toujours répondre à leurs détracteurs, mais nombreux sont ceux qui veulent aller plus loin. «C'est ainsi que nous est venue l'idée d'un appel collectif, un message clair et argumenté, une réponse aux questions qu'on pourrait nous poser», explique Christoff. Avant d'ajouter avec une pointe d'autodérision: «Le texte ne fait qu'une page, mais il est le fruit de centaines d'heures de discussions et de milliers de versions écrites, raturées et réécrites! Mais, à long terme, ces heures de débats sont presque plus importantes que le résultat final.»
Le résultat n'en est pas moins là: 500 artistes issus d'une seule ville: de grands noms comme Lhasa de Sela, Gilles Vigneault, Richard Desjardins, Yann Perreau, James Di Salvio de Bran Van 3000, des membres de groupes connus sur la scène alternative tels que Lesbians On Ecstasy et A Silver Mt. Zion, mais aussi des cinéastes, danseurs, peintres, plasticiens, poètes, écrivains, etc. Tous ces artistes prennent le risque de perdre quelques «clients» et de déplaire aux maisons de disques et aux médias qui redoutent ce genre de vagues.


Invitation à se joindre

On sent d'ailleurs poindre une certaine fierté quand Stefan Christoff affirme qu'«à Montréal, plus qu'ailleurs, les artistes ont gardé leur indépendance, une conscience sociale et des convictions. Ils en tirent les conséquences qui s'imposent et déclarent: 'nous ne jouerons pas dans un Etat qui pratique l'apartheid, bafoue le droit international et les droits fondamentaux des Palestiniens'». L'appel se conclut par une invitation aux autres «artistes et producteurs culturels à travers le pays et autour du monde à se joindre à ce mouvement international.» A suivre, donc... I
Note : L'initiative montréalaise: www.tadamon.ca/post/5824

L'initiative française: www.egalite68.fr/musiciens

source: http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=445478

 

Le collectif Palestine Orne a appelé au boycott - Alençon

lundi 05 avril 2010
Les membres du collectif Palestine Orne ont mené une nouvelle action de boycott des produits israéliens dans l'hypermarché Leclerc en zone commerciale d'Arçonnay.</P>

 

Samedi matin, une trentaine de membres ont mené une nouvelle action de boycott des produits israéliens dans l'hypermarché Leclerc en zone commerciale d'Arçonnay.

C'était en l'occurrence, la troisième action menée dans les grandes surfaces alençonnaises depuis décembre 2009, dans le cadre de la campagne BDS. Cette campagne lancée en 2005 par la société civile palestinienne appelle « au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre Israël jusqu'à la fin de l'occupation et de la colonisation. » Elle réclame encore » le démantèlement du mur, l'égalité absolue des droits des Palestiniens d'Israël et le respect, la protection et la facilitation du droit au retour de réfugiés palestinieins. À ces revendications « s'ajoute aujourd'hui la fin du blocus de Gaza ».

Relayant ce boycott, le collectif Palestine Orne a interpellé les directions des grandes et moyennes surfaces pour évoquer le cas des produits importés d'Israël, dont certains sont fabriqués dans les colonies. Il est allé à la rencontre du maximum de personnes pour les sensibiliser « à refuser d'acheter ces produits ».

L'opération menée samedi a atteint ses objectifs. Sans contrarier les ventes, les membres ont prélevé avec soin dans les rayons, ces produits qu'ils dénoncent: fruits et légumes, boissons, lingettes...

Tout le monde s'est ensuite regroupé dans l'allée centrale pour informer à la clientèle. L'intervention du directeur de l'hypermarché s'est déroulée dans le calme et dans le cadre d'une écoute attentive.

source:  http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Le-collectif-Palestine-Orne-a-appele-au-boycott-_61001-avd-20100405-57981093_actuLocale.Htm

 

Article de l'Indépendant: Agrexco :Contestation Le collectif Palestine interpelle les candidats

Depuis plusieurs mois, la question de l'implantation de l'entreprise israélienne Agrexco dans le port de Sète fait débat. "Le président de la Région a personnellement oeuvré à cet accord, ne le relevant qu'une fois finalisé, et le présentant indûment comme le seul moyen pour relancer l'activité du port de Sète et créer des emplois, ce qui a entraîné la désolidarisation de conseillers régionaux", a expliqué, hier, le collectif Palestine de la Narbonnaise devant la Maison de la Région (Ph. J. L.). Le collectif a décidé d'envoyer une lettre, dans laquelle il expose

alt

le problème, aux candidats aux élections régionales. Il attend une réponse avant le 6 mars. "Et nous voulons savoir ce qu'en pensent, les frêchistes Didier Cordourniou, Eric Andrieu et Henry Garino. Qu'ils se positionnent...". Face à ce projet, prévu pour septembre 2010, une coalition Anti-Agexco s'est constituée. "Agrexco est un instrument direct de la colonisation agricole de la Palestine. Cette société, contrôlée par l'Etat israélien, exporte sous label israélien, 70 % des productions des colonies...". Quant à la modernisation du port de Sète et au développement économique de la Région, le collectif estime que des projets alternatifs sont envisageables. Il soumet quatre questions aux candidats : "Votre position sur l'implantation d'Agrexco si vous êtes élu ? Votre position sur le boycott des produits en provenance des territoires occupés et exportés illégalement ? Que pensez-vous des condamnations des gens qui appellent au boycott en France ? Ferez-vous respecter l'accord d'association UE – Israël, dont l'article 2 exige le respect des Droits de l'Homme par toutes les parties contractantes ?".

source: http://www.lindependant.com/articles/2010-02-23/contestation-le-collectif-palestine-interpelle-les-candidats-134546.php

« Les produits israéliens ont un goût amer » - Alençon
lundi 15 février 2010

Vingt militants de France Palestine ont investi les rayons du Carrefour Market et fait retirer, sur le champ, avocats et lingettes importés d'Israël.</P>

 

Samedi, le comité France Palestine a incité les clients d'une moyenne surface à boycotter le Made in Israël.

Drôle d'ambiance samedi vers 10 h 30 à l'entrée et dans le magasin Carrefour Market, près de la gare. Des policiers et des gendarmes sortent sans piper mot. Les vigiles sont à leur poste. Dans le cadre d'une campagne qui aurait tendance à s'internationaliser, une vingtaine de militants du comité ornais de l'association France Palestine distribuent des tracts. On reconnaît là Pierre Frénée, maire adjoint entre 1977 et 1989, François Tollot, actuel adjoint au maire, Christine Coulon, du NPA, des représentants d'Attac, du Parti communiste... Un rassemblement très politique.

Pancarte sur le ventre, ils interpellent les clients et les appellent à ne pas acheter les produits importés d'Israël, cultivés ou fabriqués « à 70 % dans les territoires occupés et sur des terres volées aux Palestiniens » : jus d'orange Jaffa, avocats, lingettes, produits cosmétiques, fleurs... Ces produits ont « un goût et un arrière-goût », d'après Monique. « On peut faire ses courses tout en défendant les droits des Palestiniens. Tout acte d'achat a une dimension politique », selon Chantal Mallet, proche du NPA, une cagette pleine d'oeufs, de yaourts et de lessive bio. « On l'a vue en Afrique du Sud au moment de l'Apartheid, ce genre de campagne est efficace, sait Nicole Le Strat, militante. En France, les gens deviennent de plus en plus sensibles aux injustices dont est victime le peuple palestinien ». Peut-être sous la pression, ou tout simplement pour éviter à cette opération de se poursuivre plus longtemps, le directeur du magasin retire les avocats et les lingettes israéliens de ses rayons. Au moins pour une journée. Une petite victoire au goût délicieux pour le comité...

J. B

Appel au boycott: Michel Ruff dénonce «l'amalgame antisionisme-antisémitisme» du CRIF

BOYCOTT. L’audition de Basile Safadi, le président de Palestine 45, poursuivi par le conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) pour avoir appelé au boycott de produits israéliens - information révélée hier par LibéOrléans -, a donné lieu à de nombreux commentaires et mobilisé plusieurs soutiens, parmi lesquels celui de Michel Ruff, président local de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Celui-ci «assure Palestine 45 de sa solidarité complète» et dénonce «l’amalgame continuel antisionisme-antisémitisme perpétré par le CRIF» qu’il juge «intolérable». (Lire la suite...)

«Toute critique de la politique israélienne d’occupation, de colonisation continue, de déni des droits des Palestiniens, des crimes (barbarie de l’agression contre Gaza l’an passé) est systématiquement taxée d’antisémitisme», s'agace Michel Ruff. «Le CRIF n’a cessé de se droitiser (...) Depuis le 11 Septembre (2001), il s’inscrit dans l’alliance des nouveaux croisés contre l’islam».

L’UJFP, mouvement classé à gauche, dénonce également le «monopole» du CRIF: «Nous dénonçons sa propension à représenter les juifs de France, son statut de monopole (...) Nous continuerons à soutenir les israéliens courageux qui s’opposent à la politique menée par leurs dirigeants aux côtés des Palestiniens».

L’audition de Basile Safadi a donné lieu au rassemblement d’une quarantaine de personnes, dont des élus et militants du parti communiste local, du front de gauche, de la CGT, du nouveau parti anticapitaliste, mais aussi associatifs à l’image de l’association Orléans Loiret Palestine (OLP) qui a également apporté son soutien au président de Palestine 45.

«Les policiers ont précisé qu'ils poursuivaient leurs investigations», a indiqué Basile Safadi, après plus d'une heure d'audition.

Mourad Guichard

source: http://www.libeorleans.fr/libe/2010/02/affaire-du-boycott-michel-ruff-d%C3%A9nonce-lamalgame-antisionismeantis%C3%A9mitisme-du-crif.html

Est-ce illégal d'appeler au boycott des produits israéliens ?

Après avoir appelé au boycott de produits israéliens élaborés dans les territoires occupés, une association pro-palestinienne est convoquée par la police judiciaire d'Orléans le 10 février. Boycotter est-il un acte illégal ?

Basile Safadi, président de l'association Palestine 45, n'en revient pas. En organisant une semaine d'exposition sur la Palestine à la Maison des associations d'Orléans, en décembre dernier, il ne s'attendait pas à finir au commissariat.

Il est en effet convoqué le 10 février à la police judiciaire de la ville. Objet de l'audition : un panneau que Palestine 45 a exposé durant la semaine d'exposition. Sur celui-ci, l'association appelait au boycott de fruits en provenance d'Israël produits dans les territoires occupés.

Le président de Palestine 45 assure pourtant que l'association a fait preuve de bienveillance :

« Le premier jour, des personnes nous ont demandé de retirer ce panneau qui les dérangeait. Nous nous sommes exécutés sur le champ. Mais le samedi suivant, des bénévoles qui n'étaient pas au courant de cet échange ont ressorti le panneau. Le Crif a alors demandé ma convocation au commissariat. »

La mairie, de son côté, précise qu'elle avait demandé dès le premier jour de l'exposition le retrait du panneau. Un employé précise :

« Le maire a reçu un courrier du Crif. Il lui a ensuite répondu, précisant qu'il avait avait fait le nécessaire pour que le panneau soit retiré et qu'il regrettait ce qui s'était produit. »

Les appels au boycott d'Israël sont pourtant nombreux et fréquents. Lors de la « guerre des 33 jours » en 2006 ou pendant l'offensive Plomb durci à Gaza l'an passé, de nombreux emails circulaient sur la Toile, encourageant le boycott de certaines marques finançant l'État d'Israël.

Le boycott, un acte puni par la loi française et la CEDH

Pour le Conseil représentatif des juifs de France (Crif), cette action est interdite par la loi. Il a donc envoyé une lettre au Garde des sceaux afin de lui faire part de son mécontentement. Le ministère de la Justice s'est montré très réceptif à sa demande, comme l'explique son porte-parole, Guillaume Didier :

« Nous avons la volonté d'être ferme contre les appels à la discrimination, il est normal que l'association soit convoquée au commissariat. »

Car pour l'État français, le boycott engendre bien une discrimination, acte puni par la loi. Selon l'article 225-1 du code pénal :

« [La discrimination] commise à l'égard d'une personne physique ou morale, est punie de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elle consiste à entraver l'exercice normal d'une activité économique quelconque. »

Mais l'interdiction ne s'arrête pas là, et Guillaume Didier le précise que l'appel au boycott est également sanctionné par l'article 4, alinéa 8 de la loi du 25 juillet 1981.

C'est au nom de cet article de loi que l'ancien maire de Seclin (Nord), Jean-Claude Willem, avait été condamné en 2009 pour avoir appelé au boycott des jus de fruits israéliens dans les cantines de la ville. Condamné par la Cour de cassation, il avait ensuite fait appel à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'organe communautaire avait confirmé le verdict français, condamnant l'homme politique à une amende de 1 000 euros pour provocation à la discrimination nationale, raciale et religieuse.

Le porte-parole du ministère de la Justice assure que plusieurs enquêtes sont actuellement en cours en France pour le même motif :

« Il y en a à Bordeaux, Mulhouse, Paris et Pontoise. Je ne sais pas qui elles concernent exactement, mais la loi est claire : ni les personnes, ni les associations, ni les élus n'ont le droit de boycotter ou d'encourager cet acte. »

La convocation de Basile Safadi le désole. Pour lui, appeler au boycott est un moyen d'attirer l'attention sur les conditions de vie dramatiques dans lesquelles vivent les Palestiniens :

« Nous ne souhaitons que le dialogue. C'est mon devoir en tant que citoyen français de dénoncer les agissements de l'État d'Israël en Palestine. Si l'État veut nous empêcher de nous exprimer, c'est très grave. »

Pour le porte-parole du ministère de la Justice, l'argument n'est pas recevable :

« Les gens peuvent tout à fait critiquer la politique de l'État israélien. Mais il faut bien établir une distinction entre l'expression d'un point de vue et l'appel un acte de discrimination. »

La loi contre le boycott n'est pas la seule à ne pas être respectée

Palestine 45 a appelé à un rassemblement devant le commissariat de police, ce mercredi à 14h30. Les syndicats sont également invités à se joindre à la manifestation. En attendant son audition, Basile Safadi tient à rappeler que d'autres textes ne sont pas respectés :

« Comme le souligne Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon, des textes internationaux interdisent l'exploitation économique de la Cisjordanie. »

En effet, l'avocat lyonnais précise que la convention de La Haye de 1907 et la 4e convention de Genève de 1949 ont donné le statut juridique de territoire occupé à la Cisjordanie. D'après ces textes, l'exploitation économique des terres d'un pays occupé est définie comme illégale. Gilles Devers ajoute :

« En 1998, l'exploitation économique d'un pays occupé a été définie comme crime de guerre par le statut de la Cour internationale de justice. Alors que des plaintes ont été déposées contre des associations pour appel au boycott, de nombreuses actions vont être engagées dans les deux prochains mois contre les entreprises israéliennes qui ne respectent pas ces lois internationales. »

Action suprise du Collectif Palestine Orne Chez Carrefour


alt

Consommation samedi 12 décembre 2009

Le porte-parole du collectif, Alain Bertin, explique les raisons de cette action au directeur de l’hypermarché Alain Colombat.


Une vingtaine de membres du collectif Palestine Orne ont participé à une action inattendue, ce samedi matin, dans les rayons de l’hypermarché Carrefour de la rue de Bretagne, à Condé-sur-Sarthe.
Munis de tracts, de pancartes et de trois caddies, ils ont vidé certains rayons de produits étiquetés comme provenant d’Israël : oranges, pamplemousses, patates douces, jus d’orange de la marque du distributeur, lingettes… « Une partie de ces produits est fabriquée dans les territoires palestiniens occupés par Israël, sur des terres volées aux Palestiniens. C’est une action non-violente, et il est hors de question de dégrader les produits », explique Alain Bertin, l’un des porte-parole du collectif.
Après une intervention un peu tendue de la sécurité, le directeur du magasin a apaisé les choses en venant échanger avec les activistes. « Ces produits vont rester provisoirement en réserve, mais ce n’est pas au niveau local que l’on trouvera une solution. Je ferai un rapport à ma direction pour témoigner de votre action », a déclaré Alain Colombat. Le dialogue s'est poursuivi quelques minutes dans la courtoisie.
Le collectif Palestine Orne (Cimade, FSU, NPA, Parti communiste, SUD, les Verts, Association France Palestine Solidarité 61) participe activement à la campagne internationale « Boycott, Désinvestissement, Sanctions », qui s’oppose à « l’apartheid, à l’occupation et à la colonisation israélienne ».


source:


Article sur le boycott sportif à Angers - Ouest France du 26/09/10
"Israël, carton rouge à la colonisation", "Palestine, qui sifflera la fin de l'occupation?" A l'initiative de l'association France Palestine Solidarité (AFPS), une trentaine de personnes ont déroulé des banderoles devant la salle Jean Bouin, à Angers, cet après-midi, alors que se tient le tournoi de basket international Pro Stars Pays de la Loire 2009. Une rencontre sportive à laquelle participe l'équipe israëlienne du Maccabi Tel-Aviv. Les militants d'AFPS ont donc saisi l'occasion pour organiser cette manifestation "symbolique", mais jugée "déplacée" du côté des organisateurs du tournoi.
Pourquoi nous combattons Agrexco

alt
Un mouvement de mobilisation s’est constitué contre le projet de Georges Frêche, président du conseil régional Languedoc-Roussillon, de faire d’Israël le partenaire privilégié de la région (voir Politis n° 1060). Un projet dont la première étape serait l’implantation, en octobre 2010, de l’entreprise israélienne de fruits et légumes Agrexco.

Lancée le 23 mai dernier, la Coalition contre Agrexco compte aujourd’hui 83 membres : 20 organisations engagées nationalement (5 partis, 2 syndicats et 13 associations), 19 associations locales de soutien à la Palestine, dont 8 collectifs, 20 associations musulmanes locales et 24 associations locales diverses. La Coalition a déjà reçu le soutien chaleureux et enthousiaste du Comité national du BDS palestinien [1] et du centre israélo-palestinien Alternative Information Center (AIC). Fin juillet une délégation de membres de la Coalition (Cimade, CMF, CCIPPP, NPA) a été reçue en Palestine par le ministre de l’Agriculture, le Parc [2] et des associations de paysans (PFU, UAWC). Déjà informés de l’existence de la Coalition, ils ont prodigué soutiens et encouragements. D’ores et déjà, il nous paraît utile d’identifier quelques-uns des points moteurs de ce développement exceptionnel.

C’est une évidence de « l’après-Gaza » : les habitants des quartiers populaires, dont de nombreux Français musulmans qui s’étaient massivement opposés à la guerre contre Gaza, sont désormais une composante pérenne, en nombre, jeune et combative du mouvement de solidarité avec la Palestine. Cette solidarité s’exprimait jusque-là de façon sporadique, émotive et par identification, notamment lors des agressions criminelles israéliennes (massacres de Jénine…). Cette composante a trouvé dans les objectifs et les actions de la Campagne BDS [3] les pleines modalités de son expression, et joue un rôle très actif dans la Coalition. En témoignent ces initiatives réussies pour la journée du 25 juin à Montpellier : marches contre l’apartheid et contre Agrexco de Nîmes à Montpellier à l’appel de Résistance 30, et de la Paillade à l’appel du comité BDS Montpellier. La lutte contre Agrexco, qui concentre à la fois le boycott (des produits israéliens), le désinvestissement (pas d’argent public contre le peuple palestinien) et les sanctions (refus de la politique israélienne) est un facteur décisif de mobilisation. Passer à l’action pour sanctionner la politique criminelle de l’État d’Israël constitue aujourd’hui l’aspiration dominante, bien au-delà des quartiers populaires, de l’ensemble de la population éprise de justice.

En mêlant habilement la redynamisation de l’activité du port de Sète, gravement sinistré, par l’injection de 200 millions d’euros sur dix ans avec la création de 200 emplois portuaires imputés abusivement à la seule implantation de l’entreprise israélienne exportatrice de fruits, légumes et fleurs Agrexco, le président du conseil régional du Languedoc-Roussillon espérait museler toute opposition au choix d’Agrexco. Mais, en pleine guerre contre Gaza, l’annonce de ce projet construit dans l’opacité la plus totale dans une région économiquement sinistrée a déclenché réactions et colère. Il est apparu inacceptable, au prétexte d’un sinistre économique, de signer des contrats commerciaux avec des opérateurs volant les terres des paysans palestiniens, les réduisant à l’exil ou à la servitude sur leurs propres champs. Qu’au nom d’une conception de l’emploi dictée par la seule croissance et la compétition internationale on puisse s’exonérer de morale politique. Il est apparu que la politique israélienne devait être sanctionnée, le droit international appliqué. Il est également apparu que ces valeurs ne sauraient constituer l’apanage d’un internationalisme déconnecté des problèmes locaux engendrés par cette économie sauvage. Dans un communiqué du 22 juin 2009, la Confédération paysanne déclarait : « Agrexco à Sète ? La fin des paysans programmée ! » Enfin, nous allions pouvoir sortir du mode de solidarité traditionnel cloisonné qui rassemble « ici » pour un soutien « là-bas », et ainsi élargir le front de la simple solidarité exogène en travaillant concrètement « ici », localement, à l’émergence d’une autre vision politique de l’économie et des échanges. Ces logiques de solidarité impliquent de nouvelles réciprocités entre partenaires, et il faut espérer que le mouvement de solidarité avec la Palestine s’en trouvera enrichi. Ainsi est née une construction originale et porteuse d’espoir : la Coalition contre Agrexco. Il est rare de pouvoir fédérer aussi largement sur un dossier difficile. Sa transversalité le permet. De là découle une forme d’organisation « horizontale ». Bien que largement initiée par le mouvement de solidarité avec la Palestine, elle offre plusieurs portes d’entrée : solidarité avec la Palestine et BDS, respect des droits humains et du droit international, avenir des paysans dans le monde, emploi local des Sétois et emploi régional des paysans, sécurité alimentaire, nature des échanges commerciaux et solidarité internationale, non-violence, environnement, écologie, commerce éthique…

Cette alliance basée sur le pari d’une possible synergie des convergences que les intérêts multiples vont créer impose aussi des exigences. Celles de la pédagogie, de la compréhension mutuelle, du respect des motivations et des « portes d’entrées » de chacun ; et celles de la prise d’initiatives multiples et décentralisées qui, prenant pour base l’Appel de la Coalition, sauront l’adapter aux réalités locales en fonction des forces locales. Seul cet essor d’initiatives locales donnera à la Coalition sa véritable ampleur nationale.

* Nicolas Duntze est membre de la Confédération paysanne, Nabil Ennasri du Collectif des Musulmans de France, et Jean-Louis Moraguès de la Campagne civile pour la protection du peuple palestinien.

Notes
[1] BDS : « Boycott, désinvestissement, sanctions ».
[2] Palestinian Agricultural Relief Committees (Parc) est une organisation non gouvernementale créée par des agronomes décidés à offrir des services et conseils aux fermiers palestiniens.
[3] Campagne lancée en juillet 2005 par 172 organisations palestiniennes représentatives de toutes les composantes du peuple palestinien : réfugiés, Palestiniens sous occupation et Palestiniens d’Israël.

source:

http://www.politis.fr/article7907.html
Agrexco à sète: Une caution à la colonisation israelienne?


alt
Rue 89

publié le dimanche 23 août 2009.


Polémique sur l’accueil dans le port d’une société d’export israélienne non respectueuse du droit international.


A l’approche de la rentrée, une polémique prend forme à Sète, où une coalition de plus de 85 organisations s’oppose fermement au projet porté par le président de Région, George Frêche, d’implantation d’une entreprise israélienne, Agrexco. En cause : l’implication de la société d’exportation de fruits et légumes dans la colonisation des territoires palestiniens.Une « mission civile » d’enquête est revenue de Palestine fin juillet.


Le conseil régional du Languedoc-Roussillon, présidé par l’ancien socialiste et très pro-israélien George Frêche, doit investir dans les infrastructures permettant à Agrexco d’installer d’ici septembre 2010 un hangar frigorifique de 20 000 mètres carrés dans le port de Sète. Agrexco pourrait y traiter 200 000 tonnes de fruits et légumes d’importation. Dans un entretien accordé à Midi-Libre le 5 mai, George Frêche déclarait ainsi vouloir faire d’« Israël un nouvel allié commercial pour la région ». Agrexco, installée dans le port de Marseille depuis trente-cinq ans, à quitté la cité phocéenne début 2009.


Ce projet s’inscrit plus largement dans le cadre du développement du port de Sète, deuxième port commercial français sur la Méditerranée en terme de tonnage, après Marseille. Pour George Frêche, il s’agit d’en faire « l’un des grands ports de la Méditerranée entre Gênes et Barcelone ». Au total, ce sont 200 millions d’euros que la Région accordera à cet investissement sur dix ans, en partenariat avec plusieurs sociétés privées qui y consacreront 110 millions d’euros. Le groupe italien GF Group doit diriger la réalisation du nouveau terminal fruitier, pour lequel la Région investira 25 millions d’euros.


L’opposition s’organise


85 organisations contestent ce projet. Parmi les signataires de l’appel de la Coordination internationale contre l’implantation d’Agrexco, des partis politiques (Verts, PCF, NPA, PG, Alternatifs), syndicats, associations de soutien aux Palestiniens, associations de défense des droits de l’homme (comme la LDH), organisations musulmanes, mais aussi organisations juives (dont l’UJFP).
Elles dénoncent toutes le rôle d’Agrexco dans le processus de colonisation des territoires palestiniens, l’exploitation illégale des ressources de la vallée du Jourdain, et l’exportation sous l’étiquette « produit d’Israël » de produits cultivés dans les colonies. La Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) a réalisé une vidéo sur la mobilisation du 25 juin dernier : (Voir la vidéo)



Au principal argument avancé par la Région, la création de 200 emplois, Vincent Mazurek, membre du NPA et de la coalition, rétorque :


« La question de l’emploi est très importante, ce qui fait que le personnel du port est favorable à l’implantation d’Agrexco. Nous ne sommes pas contre le développement du port. Mais nous voulons que cela se fasse avec des sociétés propres. Il suffit de trouver un autre client. »
Dans une lettre à George Frêche le 21 mai 2009, l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) écrit :


« S’il est légitime que, président de la région Languedoc-Roussillon, vous vous attachiez à agir pour le développement économique de votre région et favorisiez la création d’emplois en cette période de crise, cela ne saurait se faire au prix de la violation du droit international ni des textes qui régissent les accords entre l’UE et Israël, en particulier ceux qui ont trait au respect des droits de l’homme (art. 2, 76 et 79) et à la règle d’origine qui proscrit les produits des colonies. »
Dans un courrier très court, le président du Languedoc-Roussillon répond :


« Je n’ai pas l’habitude de mêler la politique et l’économie (…) Vous mélangez tout. Je n’ai pas à vous répondre. »


Une entreprise impliquée dans le processus de colonisation


Pourtant, il ne s’agit pas seulement de politique, mais de droit international. Agrexco est l’office national des exportations de produits frais d’Israël. La société appartient à 50% à l’Etat israélien et à 50% à des entreprises agricoles. Ses produits frais sont exportés dans l’ensemble de l’Europe sous diverses marques : Carmel Ecofresh, Carmel Biotop (produits bios), Jordan River, Jaffa, Alesia et Coral.
Lors d’un procès en Grande-Bretagne en 2006, dans lequel était impliqué Agrexco, le directeur général d’Agrexco Royaume-Uni, Amos Orr, avait dû reconnaitre devant le tribunal que l’entreprise exportait entre 60 et 70% des productions cultivées dans les colonies illégales installées dans les territoires occupés. La partie adverse avait notamment plaidé le non-respect de la quatrième Convention de Genève.
Cette politique de colonisation agricole prend particulièrement corps dans la vallée du Jourdain (voir la photo ci-dessus), une des zones les plus fertiles du Proche-Orient, transformée en véritable « no man’s land » palestinien.


Plusieurs dizaines de colonies agricoles ont été installées dans cette région depuis 2005. Les colons y contrôlent 95% de la terre et 98% de l’eau (l’Autorité palestinienne contrôle 45 des 2 400 kilomètres carrés de territoire). Depuis l’ordre militaire pris en 2005, les Palestiniens de Cisjordanie n’ont plus le droit d’y accéder sans autorisation spéciale. Des barrières électrifiées ont par ailleurs été installées à l’abord des sources d’eau.


Premier point de contestation : Agrexco est l’une des principales entreprises à exploiter les ressources agricoles de ces colonies, qui sont illégales au regard du droit international. Si les Palestiniens veulent vendre leurs propres cultures, ils doivent passer par de nombreux checkpoints, dont celui de Tayasir. Le transport peut ainsi prendre de nombreuses heures, rendant les produits frais pratiquement invendables. Le seul moyen de subsister est soit de vendre la production à des entreprises israéliennes comme Agrexco, soit de travailler directement pour elles. Les produits vendus par Agrexco sont alors présents en quelques heures sur les marchés européens.


La main-d’œuvre palestinienne est payée en moyenne 40 à 50 shekel (soit 7 à 9 euros) par journée de travail, sans contrat, et est logée dans des abris en plastique. Dans cette vidéo britannique, des paysans témoignent : (Voir la vidéo)



Deuxième problème : Agrexco exporte les produits des colonies sous le label « produit d’Israël », seconde entorse au droit international et aux accords UE-Israël. L’entreprise possède notamment des usines d’emballage dans les colonies de Mekhora, Mehola, Argaman, Ro’I, Hamra, Gaddid et Bet Ha Arava, dans la vallée du Jourdain. Des étiquettes israélienne y sont apposées sur les produits palestiniens, afin notamment de bénéficier de termes commerciaux préférentiels.


Les accords d’association de libre échange Union Européenne-Israël (fondé sur « le respect partagé des valeurs démocratiques et des droits de l’Homme »), prévoient que seuls les produits israéliens élaborés dans les frontières de l’état d’Israël d’avant 1967 puissent bénéficier exemptions de droits de douanes.


Cette politique agricole fait partie intégrante du processus de colonisation.


Mission d’enquête en Palestine


Quatre représentants d’organisations membres de la coalition sont partis en Palestine du 17 au 26 juillet 2009, afin d’observer la situation sur place et de collecter des témoignages dans le cadre de la 153e mission CCIPPP : Jean-Paul Nunez de la Cimade, Vincent Mazurek du NPA, José-Louis Moragues de la CCIPPP, et Ennasri Nabil du Collectif des musulmans de France, qui a été refoulé à l’aéroport de Tel Aviv.
La mission s’est rendue dans des exploitations de la vallée du Jourdain, ainsi que dans des usines d’emballage d’Agrexco, afin de prendre photos et vidéos.
Il s’agissait pour eux de recueillir suffisamment d’éléments, qui pourraient servir lors d’une éventuelle action en justice, comme l’explique Jean-Paul Nunez :


« Nous avons maintenant les preuves de ce que nous affirmons. Nous allons donc nous appuyer sur ce qui a été fait au Royaume-Uni. Nous avons deux possibilités : saisir la Cour de justice des communautés européennes car cela pose un problème juridique que d’accepter des produits qui viennent des territoires occupés. Ou attaquer en droit interne français, en saisissant le tribunal de grande instance de Montpellier. Mais la question se pose alors de savoir qui attaquer : GF Group ? Le Languedoc-Roussillon ? L’Etat ? Car ils sont responsables de laisser faire ce type de commerce. »


Pour la Région, contactée par Rue89, le « Languedoc-Roussillon à toujours agi en respectant le droit international et continuera de le faire. Ce droit international est et sera toujours appliqué à Sète. Les douanes sont chargées de vérifier ce qui descend des navires. »
La mission s’est par ailleurs entretetenue avec le ministre de l’Agriculture de l’Autorité palestinienne, Ismail Daiq. Celui-ci s’est adressé aux pouvoirs publics français :
« Je tiens à dire que toute production en provenance des colonies via des sociétés israéliennes, comme Agrexco ou autres, encourage les colons à poursuivre les violations des droits humains, les agressions, les assassinats et les destructions. Tout soutien à ces gens est un soutien apporté à la violation des droits des palestiniens. »


Le produit des témoignages vidéos recueillis doit être publié à la rentrée, le temps de monter et de traduire les six heures trente d’images. Les membres de la mission espèrent également transformer leur mobilisation en combat européen et inscrivent d’ailleurs cette action dans le cadre de la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Comme

l’explique Vincent Mazureck :


« Ce n’est pas un combat local. Si Agrexco est rejeté de Sète et s’installe à Barcelone, cela sera la même chose. »


Une nouvelle mobilisation est prévue pour le 10 octobre.
Photos : le port de Sète (Région Languedoc-Roussillon). Des serres agricoles dans la vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP). Dans une usine d’emballage Agrexco, vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP). Une usine d’emballage Agrexco dans la vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP).


Désinvestissement: Véolia paie son implication pour le tramway colonial

LE MONDE 04.06.09 14h42 • Mis à jour le 04.06.09 14h42

JÉRUSALEM CORRESPONDANCE

Alors que le chantier du tramway de Jérusalem se poursuit avec la pose des rails dans les rues de la Ville sainte, les pressions s'accentuent sur Veolia et Alstom, les deux entreprises françaises impliquées dans ce projet controversé. Le 15 avril, le tribunal de grande instance de Nanterre s'est déclaré compétent sur la procédure de l'Association France-Palestine Solidarité (AFPS), qui demande l'annulation de ce contrat "hors la loi" parce qu'il vise à relier au centre de Jérusalem des colonies juives implantées dans des quartiers palestiniens occupés par Israël. L'AFPS base sa démarche sur la IVe Convention de Genève, qui considère comme illégale toute colonie de peuplement en territoire occupé.

Alstom et Veolia sont respectivement responsables de la fourniture des rames du tramway et de sa future exploitation. Sur son site Internet, Veolia déplore que l'Autorité palestinienne n'ait formulé son opposition au chantier qu'en 2006, quatre ans après l'attribution du marché. Le tribunal a estimé qu'Israël, en tant qu'Etat étranger, ne bénéficierait pas d'une immunité de juridiction, "puisqu'il est en réalité puissance occupante de la partie de la Cisjordanie où sera exploité le tramway litigieux". Alstom et Veolia ont fait appel.Cette décision de justice, potentiellement lourde de conséquences, intervient alors que le mouvement de boycottage d'Alstom et Veolia prend de l'ampleur, sous l'impulsion d'une coalition de mouvements propalestiniens. Veolia, qui est aussi impliquée en Cisjordanie dans l'exploitation d'une ligne de bus et d'une décharge à ordures - deux investissements qui profitent aux colonies juives -, est devenue la tête de Turc des activistes, qui ont lancé le mot d'ordre "Derail Veolia" ("Faisons dérailler Veolia"). En début d'année, la multinationale française a perdu la gestion du métro de Stockholm, en Suède, un juteux contrat de 1,9 milliard d'euros, qu'elle détenait jusque-là. Même si les élus assurent que leur décision est le produit de considérations commerciales, le travail de lobbying de l'ONG suédoise Diakonia a indéniablement pesé.
A la mi-mars, la ville de Sandwell, au Royaume-Uni (300 000 habitants) a éliminé Veolia d'un marché de collecte des ordures d'un montant de 1,6 milliard d'euros. Un mois plus tard, le conseil municipal de Galway, la troisième plus grosse ville d'Irlande, a recommandé de ne pas renouveler le contrat de distribution d'eau, propriété jusque-là de Veolia. Toujours en avril, à Bordeaux, la filiale transport de la compagnie française a perdu un marché de 750 millions d'euros.
Joint par téléphone, un chargé de communication de Veolia tient à minimiser le lien entre ces déconvenues et la campagne de boycottage. "C'est la vie courante d'une entreprise de perdre des marchés, dit-il. A Bordeaux, les autorités locales avaient juste envie d'essayer un autre opérateur." Il reconnaît cependant qu'"en Scandinavie et au Royaume-Uni, la campagne a pu (nous) coûter un peu cher".
Un aveu qui n'étonne pas le Palestinien Omar Barghouti, l'un des animateurs du réseau Derail Veolia. "Depuis le début de l'année, Veolia a perdu 7 milliards de dollars (4,9 milliards d'euros) en marchés potentiels. A moins de considérer que les managers de l'entreprise soient devenus subitement mauvais, il est évident que l'affaire du tramway ternit son image."Conscient que ses arguments ne portent guère, Veolia prépare un site Internet destiné à parer aux critiques. Il y a urgence.
Des établissements financiers ont rejoint la campagne de boycottage, comme la banque hollandaise ASN et le fonds de pension suédois AP7, l'un des investisseurs les plus importants du pays. Galvanisés par ces premiers succès, les propalestiniens étendent leur éventail de cibles. La société d'ingénierie lyonnaise Egis Rail, qui a rejoint le chantier du tramway, est désormais dans leur collimateur. "Notre campagne se développe à une vitesse imprévue, dit Omar Barghouti. Les pays occidentaux préférant fermer les yeux, c'est à nous, société civile, de faire en sorte qu'Israël respecte enfin le droit international."

Benjamin Barthe
Article paru dans l'édition du 05.06.09
source:

Réseaux sociaux

facebook Facebook
Page - Profil
icon-twitter Twitter
Partagez sur Twitter

Lettre d'information

Recevez par e-mail les dernières actualités de la Campagne BDS France.

La campagne BDS : pourquoi ?

  • La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid. Les Palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde, afin que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente, en leur demandant de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire.
  • Ils nous demandent également de faire pression sur les entreprises étrangères, notamment européennes, afin qu’elles arrêtent leur collaboration avec cet Etat criminel.
  • Enfin, ils nous demandent de faire appliquer par nos Etats les sanctions qui auraient dû être appliquées depuis des dizaines d’années devant ce déni de droit intolérable. Il apparaît aujourd’hui que, loin des grands débats théoriques, la campagne BDS est une arme efficace pour faire plier Israël, d’autant que nous ne pouvons rien attendre de l’ONU ou de ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale".

 

Accès membres